Épaves pour l’archéologie navale – Les bateaux oubliés du XVIIIe siècle

La magazine Pour la Science s’intéresse, dans son numéro d’août 2012, aux épaves sous-marines.

L’époque moderne, c’est-à-dire la période allant de 1492 à 1789, a eu sa marine, qui était à voile. L’archéologie subaquatique de cette marine commence sans doute en 1836, quand deux Britanniques, les frères Deane, explorent l’épave du Mary Rose, naufragé en 1545. Ils la dessinent et exposent quelques canons. Leur objectif est cependant avant tout de démontrer l’efficacité de leur technique de récupération du matériel perdu en mer. Quatre ans plus tard, Augustin Sale fait paraître le premier ouvrage traitant d’archéologie navale, mais en se fondant sur l’iconographie et les textes anciens. Cette démarche suscite l’intérêt des érudits et des chercheurs, qui vont ensuite rechercher en situation des éléments archéologiques. Puis, avec l’invention du scaphandre autonome, les fouilles se multiplient, mais se résument souvent à une destructive chasse au trésor : on ne plonge pas encore pour le bois, c’est-à-dire pour restituer les architectures et les techniques navales du passé !

Tout a changé aujourd’hui, puisque les plongeurs sont devenus de véritables archéologues ou les archéologues des plongeurs. Ainsi, Pierre Villié et ses collègues plongent depuis 30 ans pour découvrir des épaves anciennes et restituer ensuite leur forme originelle. Loin de s’intéresser seulement aux forteresses flottantes, ils se sont aussi penchés sur les chasse-marée et autres navires de transport sans prestige, mais qui assuraient le commerce et l’intendance. Humbles navires, ces pinques méditerranéennes et autres flûtes militaires françaises ont été très peu représentées, alors qu’elles ont sillonné de très nombreuses mers. Après avoir retrouvé et fouillé certains de ces navires, P. Villié a patiemment établi leurs plans, et pu ainsi restituer les savoir-faire que se transmettaient les charpentiers de marine de génération en génération.

Quant à François Gendron, Simon Spooner et Florence Prudhomme, ils cherchent avant tout à restituer la vocation des navires. Malgré leur expérience, l’identité d’un navire retrouvé près d’une plage de la République dominicaine les a longtemps déconcertés : dotée d’une coque américaine et de canons écossais, il était équipé de matériel militaire français… La fouille des archives leur a heureusement livré son histoire, achevée par le combat mené par un équipage français qui, plutôt que de livrer des secrets à l’ennemi anglais, a détruit son navire.

Épaves pour l'archéologie navale - Les bateaux oubliés du XVIIIe siècle - Pour la ScienceAu sujet, notamment, de ce numéro :

  • Les flûtes de l’Empereur
  • La pinque provençale redécouverte
  • L’énigmatique Carron Wreck

A retrouver en kiosque ou en téléchargement sur le site de Pour la Science.

Crédit image et présentation : Pour la Science

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