Accueil » Actualités » La malle en cuir ou la société idéale

La malle en cuir ou la société idéale

Ce premier roman de Stevenson était resté inachevé : La malle en cuir ou la société idéale.

Stevenson


Michel Le Bris, romancier et spécialiste de Robert Louis Stevenson, a découvert le manuscrit dans une bibliothèque privée aux USA (il y était depuis 1915, approximativement). Michel Le Bris a imaginé une fin pour ce roman.

La présentation de l’éditeur (les Editions Gallimard) :

Voici le premier roman qu’écrivit R L Stevenson, resté jusqu’à ce jour à l’état de manuscrit. Une lettre de Stevenson à Fanny Sitwell, datée de mai 1877, l’annonçait avec enthousiasme : « Sonnez tambours, résonnez trompettes – je suis embarqué sur – trompettes, tambours – un roman ! The Hair Trunk, or the Ideal Commonwealth ». Ce roman devait rester inachevé. Il y travaillait encore, juste avant de s’embarquer le 7 août 1877 pour la Californie, où il allait retrouver, et épouser après de terribles épreuves, Fanny Osbourne… A l’époque, Stevenson était occupé à préciser son idée d’une « société nomade » se constituant le long des routes. Vivre sans maison, sans attaches, ne rien posséder que son léger bagage, passer de lieu en lieu avant que ne se figent les relations entre les êtres. Ce fut, dès lors, son « pari bohémien » qu’il tenta de vivre pendant ses années parisiennes, passant de chambres d’hôtel en studios d’amis, ne faisant plus que de brèves apparitions chez ses
parents, goûtant par-dessus tout le bonheur de s’éprouver ici bas comme un « voyageur sans
bagage ». Il fallait rien moins qu’un roman pour dire ces temps heureux de la bohème… Mais le roman prit du retard. La raison première, évidente, tient à l’état d’urgence dans lequel vivait Stevenson : le besoin d’argent, la maladie à rechutes fréquentes, le tourbillon des amis, la pression effrayante exercée par ses parents, tout le poussait à la forme courte, de rentabilité modeste, peut-être, mais immédiate. Au retour de Californie, La malle en cuir ne fut pas repris. Les épreuves de la traversée, la mort omniprésente, la rupture avec les siens, l’abandon par ses amis, le sentiment du
désespoir d’une perte de soi, avaient conduit Stevenson au delà de lui-même. C’est un Stevenson sûr de son art qui sort de telles épreuves : poursuivre La malle en cuir n’avait plus de sens. Un chapitre manquait, probablement un peu plus. Michel Le Bris, qui découvrit le manuscrit dans une bibliothèque américaine au bout d’un véritable jeu de piste, s’est servi de ce que son étude approfondie de Stevenson lui a permis de savoir de la suite de son projet, et de l’évolution de sa philosophie, pour imaginer une fin, tout aussi savoureuse que le roman.
Edition établie, présentée et prolongée par Michel Le Bris

Michel Le Bris, invité d’Audrey Pulvar au 6/7 sur France Inter :

Laisser une réponse